Conversation · Mal-en-pitre
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Mal-en-pitre
Vous
Affinité mécanique
Coordination visiotactile
Téou Abigail
Kim Kitsuragi
Romarin
Perception (vue)
Frisson
Électrochimie
Conceptualisation
Encyclopédie
Endurance
Logique
Cour intérieure
Mise en scène
Rhétorique
Volonté
Art dramatique
Clair-obscur
Sang-froid
Douleur transcendée
Esprit de corps
Instrument physique
Empathie- Cravate terrifiante
Perception (ouïe)
Autorité
Projection analytique
Réactivité
Suggestion
Perception (odorat)
Quand
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« Signe ce document, ici. » Il agite le papier et le stylo en face du visage de l’homme. « C’est important. »
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« Téou... » Sa main tremblante attrape la paperasse. Il l’appuie sur son genou et commence à écrire, lentement. L’écriture est presque illisible tellement il tremble.
« Téw Ahigaul ? » Son ami attrape le document et l’admire. « Joli travail, Abs. T’as géré. » Il vous rend le papier.
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« J’ai eu ça en cadeau, quand j’ai acheté une cartouche de clopes. » Il vous montre un stylo blanc avec des logos marron. « Fumer des clopes et gagner un stylo gratuit. C’est la classe. »
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« Merci, Rom. » Il attrape le stylo et le papier, et gribouille soigneusement sur la ligne en pointillés, à côté de la signature de « Lilienne » : « Mal-en-pitre ».
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« Merci, Rom. » Il attrape le stylo et le papier et gribouille très soigneusement sur la ligne en pointillés « Mal-en-pitre ».
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« Bien sûr... une histoire propre à Martinaise et à son passé. » Il boit une gorgée et se gargarise pour se préparer.
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« Je ne l’ai jamais entendue en dehors... Au début, je pensais qu’il s’agissait d’une blague, pour être honnête. Mais ça fait huit, neuf mois que je vis sur la côte, et pendant cette période, j’ai assisté au passage d’au moins trois expéditions. »
Une pelle frappe le sable quelque part derrière les roseaux, à côté d’un chantier de construction abandonné. De jeunes hommes regardent derrière eux avec méfiance. Le bruit qu’ils font en creusant semble soudain assourdissant dans le silence.
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« Des expéditions de toutes sortes. J’ai vu des archéologues, des gangsters et même des publicitaires. Je vous le dis, Tequila, ce truc attire un certain genre de personnes. »
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« Certaines de ces expéditions reviennent après une semaine ou plus, l’air hagard et démoralisé. D’autres ne reviennent jamais. »
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« La première fois que j’ai vu l’une de ces expéditions, j’ai cru qu’on se foutait de ma gueule. Genre impossible que ça soit vrai. C’était trop ultraconceptuel, même pour moi... »
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« Je sais même pas si c’est une bonne idée que je vous raconte cette histoire, pour être honnête. Vous êtes encore dans un état fragile, j’ai peur que ça soit trop pour vous. »
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« Bon très bien, je vais tout vous raconter. Mais je dois vous prévenir que c’est une histoire tirée par les cheveux. » Il prend un air mystérieux. « Notre histoire commence dans un studio de design légendaire, ici même à Martinaise... »
« Dans ce studio travaillait un designer, dont le nom exact est tombé dans l’oubli, mais de son vivant, il était considéré comme une légende. Il était devenu célèbre à Oranje, où il est devenu un véritable pionnier des travaux de typographie grotesques et sans-serif. C’était un putain de génie, mec. »
Il avale une gorgée, s’essuie la bouche et continue. « Enfin, s’il a vraiment existé. Qui sait ? Après tout, c’est une légende urbaine... »
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« Enfin bref, toujours est-il qu’un peu plus tard, il a lancé son propre studio, ici à Martinaise, où il a commencé à travailler sur des projets vraiment dingues. Je parle d’un langage conceptuel avant-gardiste, le genre de truc qui aurait renversé l’ancien régime, d’un point de vue du design. »
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« Mais par la suite, tout a changé. Vous voyez, c’est de notoriété publique que la coco et le design graphique pionnier font bon ménage... »
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« Vous savez bien, Tequila. » Il se tapote la narine deux fois. « De la coco. De la blanche. De la chnouf ! »
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Ou "l’or d’Irmalan", d’après le nom du plateau où l’on retrouve la plupart des cultures fournissant le monde entier, grâce au travail forcé...
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« La "comtesse C", en raison de sa popularité chez les aristocrates du siècle antérieur... »
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- Dans la rue, elle est également qualifiée de mots plus ordinaires, comme la farine, mais aussi la poudre, la perle... du moment que c’est blanc, ça fait l’affaire.
- « La "comtesse C", en raison de sa popularité chez les aristocrates du siècle antérieur... »
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- Dans la rue, elle est également qualifiée de mots plus ordinaires, comme la farine, mais aussi la poudre, la perle... du moment que c’est blanc, ça fait l’affaire.
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« Merde, Tequila ! Vous savez exactement de quoi je parle. » Il vous donne un coup amical sur l’épaule, et vous éclabousse d’un peu de boisson.
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« Ça ne me surprend pas. Pour beaucoup d’hommes, il est difficile de devenir un génie sans coco. »
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« Il faut bien que vous compreniez que le travail de ce type atteignait de tels sommets d’ultraconceptualisme qu’il lui fallait des quantités anormales de cocaïne. Sur la fin, on la lui apportait par camion entier. »
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« Maintenant, comme vous l’imaginez certainement, sniffer autant de cocaïne n’est pas bon pour la santé d’un humain ordinaire, pas vrai ? »
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« Hé, Tequila, vous m’écoutez ou bien ? Un jour, il travaillait à fond sur ce qu’il pensait être sa pièce de résistance. Une publicité si minimaliste qu’elle ne contiendrait aucun texte et aucune image. Cette publicité allait être... blanche à l’état pur... »
« Apparemment, le concept de cette idée était trop ultraconceptuel, même pour cet homme de génie. Il est tombé raide mort à son bureau, avant même d’avoir eu le temps de la terminer. On dit que ses derniers mots étaient : « Aussi blanche qu’un blizzard... de cocaïne ! »
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« L’histoire ne s’arrête pas là. D’après ce qu’on raconte, lorsque le médecin légiste a réalisé l’autopsie, il a découvert presque 250 grammes de cocaïne enfoncés dans sa cavité nasale. »