Conversation · René Arnoux
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René Arnoux
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Quand
« René, c’est un cas isolé. Il nous faut un programme – remettre les anciens sur le marché du travail, les garder motivés. »
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« Écoutez, monsieur l’agent... (Il s’interrompt comme s’il ne savait pas réellement quoi répondre.) Peut-on en rester là au sujet de mon poste de guet ? »
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« Être aussi dépendant, ça ne fait qu’affaiblir davantage un homme. Marche ou crève – il n’y a pas de juste milieu. »
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« Ce n’est pas de la charité. Pas à mes yeux... » Une grimace de douleur déforme le visage du vieux soldat. Il semble vouloir ajouter quelque chose mais sans parvenir à trouver les mots. Finalement, ses yeux s’illuminent puis il ajoute :
« Là-haut, je me donne à fond. Je gagne ma croûte. » Il regarde en direction du poste de guet et soupire. « Mais vous avez raison, monsieur l’agent, il n’y a pas de juste milieu. C’est marche ou crève. »
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« Il n’y a absolument rien de mal à ramasser les consignes. Je fais ça à mi-temps, moi aussi. » (Brandir fièrement le sac à consignes.)
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« Oh, je ne sous-entendais pas que c’était mal, dit rapidement l’homme, guilleret. Je le fais aussi. Tout le monde le fait. C’est une excellente occupation. »
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« Evrart a tout pigé. Les costauds prennent soin des faibles et tout le monde bosse ensemble – j’adore ! »
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Une grimace de douleur déforme le visage du vieux soldat. Il semble vouloir se quereller, mais sans parvenir à trouver les mots. Finalement, ses lèvres bougent : « Peut-on en rester là au sujet de mon poste de guet ? »
Il veut se quereller, montrer son désaccord – mais il sent qu’il n’en a pas le droit car il est à la merci de M. Claire.
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« J’ai vu... une photo. Vous étiez dessus. Vous aviez l’air... heureux. C’était qui, la fille ? »
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Il se raidit, le regard froid. « C’est une femme... quelconque. Cela ne vous regarde pas et je refuse de discuter de choses personnelles avec la MCR. »
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« Cette dame s’appelle Jeanne-Marie Beaulieu. » Gaston s’exprime d’une voix douce. « Et Dieu m’en est témoin, ce n’est pas une personne quelconque. »
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« Tu vois, René, je t’avais bien dit que c’était un bon gars. » Il ricane. « Tu devrais apprendre à faire confiance aux autres. »
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« Savez-vous quelque chose au sujet de l’homme pendu dans la cour arrière du Whirling-in-Rags ? »
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« Oui, dit-il avec agacement. Je me tenais juste ici. J’ai tout vu. Pourquoi me dites-vous ça ? »
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- « Messieurs, écoutez, en ces temps difficiles, nous sommes tous frères. Mangeons d’une seule bouche. » (Tendre le sandwich.)
- « Nous autres authentiques Révacholiens, partageons symboliquement ce repas. Pour Révachol ! » (Donner une moitié de sandwich à René et manger la vôtre.)
- « Vous le méritez plus que n’importe qui. » (Tendre le sandwich à René.)
- « Aucune raison, oubliez. » (Garder le sandwich.)
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« Messieurs, écoutez, en ces temps difficiles, nous sommes tous frères. Mangeons d’une seule bouche. » (Tendre le sandwich.)
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« Messieurs, écoutez, en ces temps difficiles, nous sommes tous frères. Mangeons tous les quatre d’une seule bouche. »
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« NON », s’exclame sèchement le soldat. « Je ne vois pas où vous voulez en venir avec cette... obsession pour les sandwichs, mais ça ne me plaît pas du tout. » Il croise les bras.
« Tout ceci... (il vous montre du doigt) ...est très peu professionnel. J’ai l’impression que la milice citoyenne n’est rien d’autre qu’un ramassis chaotiques de tyrans et de bouffons. Encore une fois : ça ne me plaît pas du tout. »
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« Ce n’est pas le cas. Mon collègue essayait juste de... » Le lieutenant se tait, cherchant les bons mots pour justifier cette débâcle panaire.
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« Vous représentez une organisation, un insigne, un principe. » Le vieil homme continue sur un ton plus doux. « Vous devez prendre conscience de cela. »
« Tout ce que vous faites déteint sur le principe et les gens que vous représentez. Quand nous (il désigne Gaston) pensons à la MCR, c’est à vous que nous pensons. Alors je vous en prie, faites en sorte que ce soit une pensée agréable. »
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« Moi non plus. » Le lieutenant paraît las de toute cette situation. « Je pense parler au nom de tout le monde. »
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« C’était très drôle. » Il laisse échapper un rire franc. « J’ai trouvé ça très marrant. »
« Incroyable... Comment arrives-tu encore à marcher avec ta dégaine d’invertébré, Gaston ? » Il secoue la tête. « Monsieur l’agent, que désirez-vous ? »
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« Non, c’est faux. Il a tout à fait raison. » Il secoue la tête. « Ça ne me plaît pas, et je suis persuadé que personne au sein de votre poste n’approuverait non plus. »
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« À présent, messieurs... » Le lieutenant s’adresse aux hommes sur un ton décontracté. « Si mon collègue n’a plus d’autre question, nous allons vous laisser. »
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- « À présent, messieurs... » Le lieutenant s’adresse aux hommes sur un ton décontracté. « Si mon collègue n’a plus d’autre question, nous allons vous laisser. »
- « Monsieur l’agent, intervient l’autre. Ne dévions pas vers un sujet aussi fâcheux. Je sais que vous nous voulez quelque chose, à René ou à moi. Parlons plutôt de ça. »
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« C’est vrai. » L’ancien soldat hoche la tête, les poings serrés. « Et je le partage avec vous pour que vous puissiez aller vous faire... »
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« Monsieur l’agent, intervient l’autre. Ne dévions pas vers un sujet aussi fâcheux. Je sais que vous nous voulez quelque chose, à René ou à moi. Parlons plutôt de ça. »
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« Oui, eh bien... » Le lieutenant paraît mal à l’aise. « Finissons-en avec ça et tâchons de faire plus attention la prochaine fois. »
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« Entendu. On vit et on laisse couler, acquiesce l’ancien soldat. Le sujet est clos. Maintenant, en quoi ce vieux carabinier peut vous être utile, monsieur l’agent ? »
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« Non, non, monsieur l’agent ! René ne sait plus ce qu’il dit », intervient le plus guilleret des deux.
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Il a peur – peur de ce qui pourrait arriver si son obstiné partenaire était autorisé à parler librement.
« Nous autres authentiques Révacholiens, partageons symboliquement ce repas. Pour Révachol ! » (Donner une moitié de sandwich à René et manger la vôtre.)
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« Quoi ? Non ! » Il a le souffle coupé, comme s’il était sur le point de sangloter. « Ce vieux grincheux de René n’a pas les papilles gustatives développées – ce serait complètement... »
« Silence ! assène-t-il à Gaston, avant de se tourner vers vous : Dit comme ça, j’accepte symboliquement votre geste fraternel. (Il avale sa moitié de sandwich en deux bouchées parfaitement dosées et hoche la tête.) Pour Révachol. »
Consommer de la nourriture est un procédé mécanique, pour lui. Il n’y prend aucun plaisir, il le fait et oublie aussitôt.
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Le vieil homme paraît dévasté tandis qu’il vous observe, vous et René, renforcer votre viril lien d’amitié autour de sa merveille culinaire.
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Sa nature prudente l’empêche de protester davantage, mais il n’oubliera jamais le flic qui l’a harcelé, tu peux en être certain.
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« Bravo pour avoir harcelé ce vieil homme », lance le lieutenant d’un air renfrogné. Il semble impatient et agacé. « C’est sûr, il fera de la bonne publicité pour la MCR, dorénavant. »
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« C’était donc de ça dont il s’agissait ? » Il attrape le sandwich. « Gaston est un rat pleurnicheur – je l’ai découvert il y a fort longtemps – mais un agent de la MCR qui harcèle un vieil homme ? Pour lui voler sa pitance ?! »