Conversation · Gaston Martin
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- Jour 1 · « La loi m’oblige à vous informer qu’il y a eu une violation du code de l’éthique. » (Cligner de
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- Jour 3 · « La loi m’oblige à vous informer qu’il y a eu une violation du code de l’éthique. » (Cligner de
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- Jour 5 · « Où est René ? » Continuer Continuer
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Gaston soupire et marmonne, davantage pour lui-même que pour vous. « En enfer, sans doute. C’était une sacrée enflure... »
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« Oh, il aurait adoré ça. » Le vieil homme secoue lentement la tête. « Une vie de violences s’achevant dans un bain de sang... C’est ainsi qu’il aurait souhaité casser sa pipe. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. »
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« Eh bien, vous en avez récupéré une. » Il secoue la tête. « J’arrive toujours pas à croire qu’il vous l’a refilée, c’est dire à quel point il était irréductible. Une fois la proposition échappée de ses lèvres, c’était cuit... »
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« L’autre, je l’ai gardée. » Il vous toise avec un air de défi. « Personne ne le connaissait mieux que moi, et je voulais un souvenir pour me rappeler de cette vieille enflure. »
C’est bizarre comme vieille enflure sonne presque comme un compliment lorsqu’il le dit.
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- Il vous observe avant de parler calmement. « Je les ai gardées. Pour me souvenir de cette vieille enflure. Personne ne le connaissait mieux que moi, et je voulais un souvenir. »
- « L’autre, je l’ai gardée. » Il vous toise avec un air de défi. « Personne ne le connaissait mieux que moi, et je voulais un souvenir pour me rappeler de cette vieille enflure. »
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Il vous observe avant de parler calmement. « Je les ai gardées. Pour me souvenir de cette vieille enflure. Personne ne le connaissait mieux que moi, et je voulais un souvenir. »
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« On s’est détestés toute notre vie. Tellement, en réalité, que... » Il devient silencieux et vous regarde, les yeux embués de larmes.
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« Oui. Je... Je l’aimais, ce crétin aigri. Il ne le méritait pas, mais je l’aimais. » Il s’essuie les yeux dans sa manche. « Vous savez quels ont été les derniers mots qu’il m’a dits ? »
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« "À l’époque de Guillaume, on t’aurait flingué sans aucune autre forme de procès". Voilà ce qu’il m’a dit. » Le vieil homme se reprend et essuie à nouveau ses larmes. « Il a vécu comme une enflure et il est mort comme une enflure. Restons-en là. »
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« Oui... » Une drôle d’expression parcourt son visage ridé, puis s’évapore sans laisser de trace.
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« On doit tous partir un jour, monsieur l’agent. Tous ceux que j’aime s’en sont déjà allés. Ils doivent probablement m’attendre. » Il sourit timidement. « Je n’ai pas peur de mourir. J’ai eu une belle vie et mes amis me manquent vraiment... »
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« Nous vous présentons nos sincères condoléances, dit le lieutenant en inclinant la tête. La mort d’un ami est une chose terrible. »
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« C’est la vie, marmonne-t-il, vous écoutant à peine. Mais connaître quelqu’un pendant 79 ans, et le voir partir d’un seul coup un beau jour... »
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- « Je n’ai pas peur de mourir – j’ai peur de ne pas profiter de la vie. »
- « Je ne veux pas mourir. »
- « Je n’ai pas non plus peur de la mort. »
- « Moi aussi, j’ai déjà un pied dans la tombe... J’ai trop hâte de mourir ! »
- « Nous vous présentons nos sincères condoléances, dit le lieutenant en inclinant la tête. La mort d’un ami est une chose terrible. »
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« Voici de quoi vous remémorer votre ami... » (Lui donner la photo de René avec la fille.)
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« Voici de quoi vous remémorer vos amis... » (Lui donner la photo de René avec la fille.)
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« Voyons ça... » Gaston saisit la photo, les mains tremblantes. « C’était il y a 60 ans ! On allait voir un défilé. Ce jeunot de René semble tout heureux, et Jeannie... » Ses yeux s’emplissent de larmes, le forçant à s’interrompre.
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« Je suis désolé, monsieur l’agent, c’est juste que... » Il sèche ses larmes. « Merci, merci pour ce souvenir. C’est tellement précieux à mes yeux. »
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« Très touchant, dit le lieutenant en souriant. Un détail pour nous, mais un tel trésor pour lui. Il ne devait même pas se douter que René possédait cette photo. »
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« Oui... » Une drôle d’expression parcourt son visage ridé tandis qu’il répète : "En paix". »
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« Monsieur l’agent... ». Il lève les yeux, tout ridé, vieux et rabougri. « J’en ai pas la force, là tout de suite. Le syndicat... Ça n’a plus d’importance, désormais. »
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« Bien sûr, monsieur l’agent, dit-il en souriant. Ils font partie des gentils. Que voulez-vous savoir ? »
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« Une seconde, René est mort ? »
« Une seconde, René est mort ? »
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« Ce crétin s’en est allé, répond-il en s’efforçant de sourire. Je... J’arrive à peine à y croire, mais il est vraiment parti. »
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Il essaie de garder son air jovial, mais une tristesse latente assombrit son visage ridé.
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« C’est... C’est injuste. » Le vieil homme ne daigne même pas détourner les yeux. « René voulait être enterré dans son uniforme. Mais j’imagine que ça n’a plus trop d’importance, désormais... »
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« Un fantôme du passé. » Le vieil homme retire son chapeau, laissant le vent marin caresser ses cheveux blancs. « Tout le monde est mort dans cette histoire, monsieur l’agent. Je ne tiens pas à parler d’eux. »
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« Mais, vous aviez certainement aussi des questions d’ordre professionnel ? » demande-t-il en remettant son chapeau.
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« Oh, cette tendre Jeannie... » Son regard se fait nostalgique. « C’était la femme la plus élégante de tout Révachol. Peut-être même du monde entier. »
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« Ne souille pas sa mémoire, Gaston. » Sa voix tremble de manière presque imperceptible. « Qu’elle repose en paix. »
Sa voix est dépourvue de son intensité habituelle, comme s’il ne se sentait pas autorisé à s’exprimer sur le sujet.
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« Elle était incapable de se décider sur quoi que ce soit. Son petit-déjeuner, sa couleur préférée, lequel de nous deux elle souhaitait épouser. » Son regard est joyeux mais distant.
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« Elle quittait sans arrêt l’un de nous deux pour l’autre, mais jamais assez longtemps pour convoler. »
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« Bon sang, dit-il en ricanant. Techniquement, on est toujours tous les deux fiancés à elle. »
« Tu étais sans cesse en train de l’embrouiller, incapable de nous ficher la paix... » Il dit cela avec énormément de rancœur. « Tu lui faisais ton numéro de charme, avec tes mots doux et tes pâtisseries. »
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« On la connaissait, en effet... » Son visage amical s’illumine. « On a vécu dans la même rue toute notre vie, à deux maisons les uns des autres. Nous étions tous les trois amis depuis l’âge de quatre ans. »