Vigueur
Avant les effets des pensées ; d'autres conditions de dialogue peuvent s'appliquer.
709 · Répliques
On dirait un fantôme. Le vent se glisse sous vos habits, et vous vous détachez du monde environnant. À l’intérieur du bâtiment, un souvenir lointain refait surface.
La température a baissé pendant la nuit ; il y a du givre sur les fenêtres.
Un courant d’air froid parcourt la cheminée. Les pierres et les minéraux sur les étagères font un bruit de ferraille. L’ombre d’un instant, tu as l’impression de te trouver à l’extérieur du bâtiment, nageant dans l’atmosphère...
Un sentiment de honte, bien réel celui-là, te parcourt le corps de la tête aux pieds.
Il fait jour. La lumière filtre à travers un nuage à basse altitude. La neige menace de tomber.
Les rats cavalent dans les pièces sombres, sous les sèche-cheveux et les mannequins poussiéreux ; les rotors et les radio-ordinateurs sont recouverts de toiles d’araignée... l’échec suinte de partout.
Non. Cette nouvelle entreprise a été créée sur les ruines de l’usine à charbon qui se trouvait ici. Mais l’adresse de cette dernière est située au cœur de la ville.
À part retirer tes habits, il n’y a pas grand-chose à faire. Le bâtiment n’a pas d’autres réponses à t’apporter.
Alors qu’elle se rapproche de son but, la fillette fond en larmes : un ours des glaces se tient devant le réfrigérateur, toutes griffes dehors ! Malheur aux gourmands qui convoiteraient l’un de ses trésors !
Sa mère vient la rassurer, mais le cœur n’y est plus. Fifette veut rentrer à la maison. Tandis qu’elles abandonnent la place, l’ours des glaces ne les lâche pas du regard. Une rafale de vent emporte l’un des emballages à proximité de la fillette en pleurs.
Cette scène du passé se déroule en été. Du haut de ses cinq ans, Fifette se libère de l’étreinte de sa mère, les poches pleines de petite monnaie. Elle se rue sur le stand de glaces de l’autre côté de la place.
Tu ignores peut-être les voies labyrinthiques, mais tu ne pourras jamais t’en libérer. Elles sont gravées dans ton âme.
Vers l’ancien Old South, vers la banlieue éloignée de Révachol. À travers les champs quadrillés des terres agricoles, en amont de la rivière Espérance, après Monte-Martin... On atteint la frontière.
La route disparaît. Ce n’est plus qu’un mirage... Face à toi se trouve un camionneur de grande taille et au regard triste.
Au-dessus du quartier de Jamrock s’élève une autoroute. Il y a ensuite Faubourg qui s’étend à perte de vue. En contre-haut des bâtiments récents ou vieux. Le ronronnement des moteurs résonne dans l’air.
La route s’étend sur des kilomètres. Elle côtoie d’autres routes, rejoint un trottoir ou un pont ; elle se termine abruptement en cul-de-sac ou se mue en autoroute. Elle serpente à travers le paysage...