Un ciel gris comme de grands navires de guerre, des nuages qui se cognent les uns aux autres. La pluie tombe sur le monde.
Vigueur
Avant les effets des pensées ; d'autres conditions de dialogue peuvent s'appliquer.
709 · Répliques
Un ciel gris comme de grands navires de guerre, des nuages qui se cognent les uns aux autres. La pluie tombe sur le monde.
Des collecteurs d’eaux pluviales effondrés. D’anciens réseaux d’égouts inondés par les eaux de pluie. Des caches d’armes datant de la Révolution. Des portes menant à Le Royaume – les catacombes où, pendant trois siècles, on a livré les morts à sang bleu.
Les épaules de ta veste deviennent lourdes. Le froid s’infiltre sous ta peau. Tu frissonnes, et la ville frissonne avec toi.
De l’eau s’écoule sur ton torse nu. Le froid s’infiltre sous ta peau. Tu frissonnes, et la ville frissonne avec toi.
Révachol est la capitale du monde. Jamrock est la capitale de Révachol. Des gouttelettes se forment sur tes cils.
Derrière les portes, des tas de caisses de cargaison. Des conteneurs d’expédition en métal rouge et bleu brillants sous la pluie. Le port industriel du Grand Révachol est une chaîne de montagnes artificielle. Une richesse immense y réside, et une pauvreté incommensurable se tapit dans son ombre.
Dans une rue qui coule comme une rivière boueuse dans la neige, avec des immeubles délabrés qui s’élèvent de chaque côté. Une boutique de location de films ouvre ses portes à la pluie, une automotrice blindée passe à toute vitesse à l’angle où vous aviez l’habitude de marcher ensemble... Soudain, les poils sur ta nuque se dressent.
Les ruines d’un fort maritime à moitié englouti s’effondrent dans une crique. Au-delà de la baie de Révachol, des fantômes s’élèvent dans le ciel.
Tes cheveux ne sont qu’un amas huileux tacheté de cendres provenant des centrales à charbon voisines. Des cheminées élèvent leur fumée quelque part au loin.
Tout autour de toi, la pluie tombe sur la grande ville de Révachol. La pluie s’écoule des avant-toits et inonde les gouttières, lavant la crasse.
Couronne, la classe moyenne inférieure. Une succession de défluents coupe les pâtés de maisons en deux. Des immeubles de sept étages sont emportés par la pluie.
La route s’élève ; une autoroute surélevée fait une boucle au-dessus du ghetto. Sous ses colonnes de béton – une mer de toits, de charpentes en bois et de goudron s’étend vers le nord. Des bâtiments de quatre étages aussi loin que la pluie tombe. La neige fond à Jamrock.
La Drisienne, le port à passagers du roi Dris. Des navires de croisière entourés par les quais. Des grues qui surplombent l’embouchure du défluent du fleuve.
Ta vision se brouille. Tu t’essuies le visage de la main. La pluie te pique les yeux, te fait lever la tête et cligner des yeux.
Le dégel du printemps doit avoir commencé. La neige est en train de fondre...
Toi – sur la place centrale de Martinaise. Un petit point qui regarde le ciel. Des gouttelettes se forment sur tes cils.
Tu te rends compte que tu n’as toujours qu’une seule chaussure. Près d’ici, sur le balcon de la cafétéria-auberge Whirling-In-Rags, une chaussure en peau de crocodile se remplit maintenant d’eau de pluie.