Conversation · Kim Kitsuragi
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« Nous y voilà. » Il prend note brièvement dans son calepin. « Ne pénétrez pas dans le Nord sauvage si vous n’êtes pas suffisamment blanc. »
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« Ouais, ça nous a plu. C’était fendard, pas vrai les gars ? » Il regarde autour de lui. « On a pris notre pied. »
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« C’est clair. C’est la maison du syndicat, ici ! Vous bossez pour l’entreprise, alors on va vous faire la peau ! »
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« Boucle-la, Dennis, on tue pas les gens parce qu’ils bossent pour l’entreprise ! La moitié du port bosse pour elle... »
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Un de ses gars voudra !
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Le gros Angus. Le caïd. Monsieur tout en muscles. Le moment est venu – fous-lui la pression en mode cocotte-minute.
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N’oublie pas que ça dépasse Klaasje. Il est question de ces hommes et de Martinaise : leur district, leur responsabilité.
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- Dehors, sous la lumière du soir – usées et fatiguées, des ombres s’allongent sur les pavés. Au loin, un coup de feu.
- Continuer
- Dehors, sous un soleil éclatant – le délabrement, les ruines. Les fenêtres du café scintillent sous la lumière du matin.
- Dehors, dans le soleil de la mi-journée, des ruines. Les pavés sont fissurés, les bancs craquelés. Des journaux virevoltent dans le vent.
- Dehors, sous la lueur tranquille de lampes au sodium. Le délabrement...
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Dehors, sous un soleil éclatant – le délabrement, les ruines. Les fenêtres du café scintillent sous la lumière du matin.
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Dehors, dans le soleil de la mi-journée, des ruines. Les pavés sont fissurés, les bancs craquelés. Des journaux virevoltent dans le vent.
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Dehors, sous la lumière du soir – usées et fatiguées, des ombres s’allongent sur les pavés. Au loin, un coup de feu.
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« Vraiment. Je vais commencer à taper mon rapport. Il dira : à Martinaise, on vous tue juste parce qu’on ne vous aime pas... »
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« Ouais, faites-leur savoir ! » Le gringalet tape du poing sur la table. « On va vous crever. »
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Je pige pas. Ils sont juste stupides. Trop stupides pour comprendre les arguments. Le lieutenant pourrait peut-être s’en charger à ta place.
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- « Titus, la même chose m’est arrivée. Elle m’a manipulé, moi aussi. »
- « Je sais ce qui se trame ici. Moi aussi, j’ai été trompé. J’ai une putain d’ombre qui plane sur mon cœur. »
- « OK, les gars. C’est évident, vous vous êtes bien fait enfumer. » (Jouer d’un violon imaginaire.)
- « Mon pote Garte, là-bas, a vécu la même chose. Une nana a essayé de l’attirer dans son manège à bites. »
- « Je vais vous raconter une petite histoire à propos de Kim. »
- Vous êtes tous là à me dire que c’est génial, alors que c’est loin d’être le cas.
- (Chuchoter au lieutenant.) « Kim, j’en peux plus, là. Je vous laisse les commandes. »
- « Kim, je vais encore avoir besoin de votre flingue. »
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- Je pige pas. Ils sont juste stupides. Trop stupides pour comprendre les arguments. Le lieutenant pourrait peut-être s’en charger à ta place.
- Klaasje se joue d’eux comme on joue du violon – dis-leur à quel point ils se sont fait balader, et ils te diront la vérité. Il y a des tas de façons d’y arriver, et elles se valent toutes.
- Continuer
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- J’ignore ce qui a mal tourné la dernière fois. Tu as tellement de bonnes idées. Montre-leur à tous qu’ils ne sont que des pantins au bout d’un fil.
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« Dommage pour vous. (Il hausse les épaules.) Mais que les choses soient claires – personne ne manipule Titus Hardie. Je savais très bien où je mettais les pieds. » Il désigne l’étage.
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« Mais, vous n’avez aucune idée de ce que vous êtes en train de faire. Je le vois sur votre visage, chaque fois que vous venez chanter sa chanson. Elle vous hante le crâne, mec. Vous êtes foutu. »
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« Violent, Titus. (Il secoue la tête.) C’est violent, mais c’est vrai. Il lui mange dans la main. »
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« Aucun agent de la MCR ne mange dans la main du témoin. Mon collègue essayait juste de vous faire cracher le morceau – avec sa manière singulièrement émotive. »
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Pourquoi as-tu dit qu’elle te manipulait ? Elle les manipule eux, tu te souviens ? Je ne t’ai pas invité à dire ça – qui lui a raconté ce sale bobard ?
C’était moi. Je t’ai donné l’air faible et je n’aurais pas dû. Mais ce type, Langue de fiel, il est complètement à l’ouest. Fais gaffe avec ses soi-disant conseils.
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« Je sais ce qui se trame ici. Moi aussi, j’ai été trompé. J’ai une putain d’ombre qui plane sur mon cœur. »
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- « Titus, mon ami – j’étais jeune, c’était l’été. J’avais besoin de piquer une tête. »
- « Je me suis fait baiser par une nana. Bien profond. »
- « Titus, mon ami – j’aurais dû le voir venir. C’était juste derrière le miroir de ses yeux. » (Désigner vos yeux.)
- « Quand je me suis réveillé dans ce bas monde, quelque chose rampait à mes côtés. Une ancienne tristesse. »
« Titus, mon ami – j’étais jeune, c’était l’été. J’avais besoin de piquer une tête. »
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« C’est gentiment dit, mais bon... (Il se gratte l’arrière du crâne.) Je fais partie du syndicat des dockers, pas des jolis cœurs. »
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« C’est gentiment dit, mais bon... (Il se gratte l’arrière du crâne.) Je fais partie du syndicat des dockers, pas des jolis cœurs. Et faudrait voir un psy, pour vos envies de suicides. »
« C’est gentiment dit – il a piqué ça dans une chanson de ce vieux type qui s’était aussi fait manipuler par une nana. J’ai oublié son nom ; il doit être mort à présent. »
C’était donc ça – une chanson que t’as écoutée un beau jour et qui est restée gravée dans ta tête. C’est probablement pas très pertinent.
Ces bourrins de la classe ouvrière sont incapables d’exprimer leurs sentiments. Tu n’aurais pas dû te confier à eux. Ni à personne d’autre.
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- « Vous n’écouterez rien du tout, intervient le lieutenant. Arrêtons ce psychodrame à présent, cher collègue. Suivons la procédure et passons aux questions, ou bien... (Il désigne la porte de la tête.) Si vous alliez prendre un peu l’air ? »
- Continuer
- C’était donc ça – une chanson que t’as écoutée un beau jour et qui est restée gravée dans ta tête. C’est probablement pas très pertinent.
- « Assez joué les fantômes à présent, cher collègue. Suivons la procédure et passons aux questions, ou bien... (Il désigne la porte de la tête.) Si vous alliez prendre un peu l’air ? »
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« Regardez autour de vous, le flic. (Il étend les bras.) Ces gars sont des dockers, ils n’ont pas envie d’écouter tout votre psychodrame ! »
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« J’en sais rien, patron, une nouvelle tentative de suicide, c’est toujours sympa à regarder. »
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« Vous n’écouterez rien du tout, intervient le lieutenant. Arrêtons ce psychodrame à présent, cher collègue. Suivons la procédure et passons aux questions, ou bien... (Il désigne la porte de la tête.) Si vous alliez prendre un peu l’air ? »
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« Titus, mon ami – j’aurais dû le voir venir. C’était juste derrière le miroir de ses yeux. » (Désigner vos yeux.)
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« Quand je me suis réveillé dans ce bas monde, quelque chose rampait à mes côtés. Une ancienne tristesse. »
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« Oh, ce fantôme. Un homme de votre âge... La gueule de bois doit être fatale. (Il vous jauge.) J’aurais jamais cru dire ça, mais vous devriez peut-être y aller mollo sur la bouteille ? »
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« Assez joué les fantômes à présent, cher collègue. Suivons la procédure et passons aux questions, ou bien... (Il désigne la porte de la tête.) Si vous alliez prendre un peu l’air ? »
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« OK, les gars. C’est évident, vous vous êtes bien fait enfumer. » (Jouer d’un violon imaginaire.)
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« Non, non. Ce putain de clown essaie de me piéger. On ne la fait pas à Titus Hardie. » Il vous regarde dans les yeux. « Posez ce violon ou barrez-vous. C’est aussi simple que ça. »
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« Non, non. Cette putain de bête de foire suicidaire essaie de me piéger. On ne la fait pas à Titus Hardie. » Il vous regarde dans les yeux. « Posez ce violon ou barrez-vous. C’est aussi simple que ça. »
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Je n’ai pas compris du tout ! Cette histoire de violon est complètement tombée à l’eau. L’idée était belle, mais l’exécution était tragiquement lamentable. T’es passé pour un cinglé, pas pour un flic.
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- « Vous feriez mieux de pas faire d’overdose dans mon box, le flicard. Tâchez de ficher le camp dès que vous commencerez à vous sentir mal. »
- « Il va reposer son violon. (Il se tourne vers vous.) Reposez ça, cher collègue. »
- Il vous foudroie discrètement du regard. « Il est temps de s’intéresser à des sujets plus terre à terre. Du genre, que vient-il réellement de se passer, détective ? » Il claque des doigts juste sous votre nez.
- « Vous avez entendu ? » Il plisse les yeux et vous désigne du doigt. « Encore un mot qui sort de votre clapet, et vous jouerez du violon sur le trottoir. »
- « Ça pue, patron. (Il se tourne vers vous.) Vous avez autre chose à dire, le métrosexué ? »
- « Ouais, tu te tapes des chattes incroyables, patron. T’es le roi des minous ! »
- Continuer
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« Le chasseur devient le chasseur ? (Il secoue la tête.) Un petit conseil, poulet. La prochaine fois que vous essayez de niquer le cerveau de quelqu’un, faites en sorte que ce soit pas déjà le cas chez vous. »
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Je n’ai rien compris à ce qu’il vient de se passer. Pourquoi as-tu dit ça ? Je ne t’y ai pas invité ! Range ton violon et ne dévie plus jamais ainsi du scénario.
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- « À votre avis, qui ? » (Continuer à jouer du violon imaginaire, en souriant sagement.)
- « Je parle de votre petit jouet lubrique, à l’étage. » (Continuer avec le violon.)
- (Jouer un final dramatique sur un violon imaginaire.) « Le chasseur devient le chasseur. »
- « Booooon... Dieu... Qu’est-ce qui m’arrive ? » (Lever les yeux.)
- « Dommage qu’elle soit une putain. » (Faire un clin d’œil.)
- « Titus, mon cher métrosexué... (Poser le violon de façon mélodramatique.) Vous et moi, on sait très bien où tout cela mène. »