L’homme vous suit du regard. Le fusil semble étonnamment léger. Le châssis a été rafistolé avec du fil et du ruban adhésif.
Conversation · Le déserteur
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Le déserteur
Sang-froid
Vous
Projection analytique
Kim Kitsuragi
Logique
Conceptualisation
Rhétorique
Endurance
Réactivité
Cour intérieure
Cuno
Perception (vue)
Autorité
Perception (ouïe)
Clair-obscur
Volonté
Frisson
Esprit de corps
Suggestion
Électrochimie
Douleur transcendée
Empathie
Mise en scène
Coordination visiotactile
Encyclopédie
Art dramatique
Affinité mécanique
Instrument physique
Quand
Le fusil a retenu la chaleur de ses mains rêches. Pas le métal. Le métal est froid. L’arme a été modifiée à plusieurs reprises.
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« C’est bien le modèle indiqué : un Triangong. »
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« Il n’y a aucune raison de penser qu’il s’agit forcément d’un Belle-Magrave... » Le lieutenant ne lâche pas des yeux le vieil homme. « Simple conjecture. »
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D’après l’analyse balistique, il est tout à fait possible qu’il s’agisse d’un Triangong.
« Il aurait été fabriqué à Shantih-Shantih que ça n’aurait pas la moindre importance. Il faut simplement qu’il tire des munitions chemisées. Et c’est effectivement le cas. »
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- Le vieil homme ne pipe mot. L’imperméable bruisse sous l’effet du vent.
- « Il aurait été fabriqué à Shantih-Shantih que ça n’aurait pas la moindre importance. Il faut simplement qu’il tire des munitions chemisées. Et c’est effectivement le cas. »
- Le vieil homme cligne des yeux. Pris d’une convulsion étrange, il retient sa jambe gauche sans répondre.
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« Il est usé. C’est presque du sur-mesure. Il faut croire qu’il vous a rendu service assez souvent, je me trompe ? »
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Le vieil homme cligne des yeux. Pris d’une convulsion étrange, il retient sa jambe gauche sans répondre.
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« Je me demande s’il est vieux. »
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Le fusil est dans un piètre état, comme une vieille béquille qu’on aurait traînée par monts et par vaux. Le fût en noyer contient plusieurs inscriptions.
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On peut y lire : « Triangong 4.46. Commune de Hsin-Yao. Pour Safre et pour l’humanité tout entière. »
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- Continuer
- C’est du seraise simplifié. Et vous arrivez à peine à en déchiffrer le sens. Je ne dirais pas que vous parlez la langue.
- « C’était des foudres de guerre. Pas des chiffes molles comme nous. Ils avaient l’air chétifs comme ça, mais... » Un silence s’installe. Sa réflexion se perd sur ses lèvres.
La crosse contient plusieurs inscriptions vespertines, gravées dans le bois : Triangong 4,46 mm, fabriqué à Hsin-Yao.
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C’est du seraise simplifié. Et vous arrivez à peine à en déchiffrer le sens. Je ne dirais pas que vous parlez la langue.
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« C’est ce que les p’tits gars nous ont dit. » Le vieil homme reprend à voix basse : « Tous les jours, à quatre heures du matin, ils nous rebattaient les oreilles avec Safre, l’humanité et Mazov... »
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« C’était des foudres de guerre. Pas des chiffes molles comme nous. Ils avaient l’air chétifs comme ça, mais... » Un silence s’installe. Sa réflexion se perd sur ses lèvres.
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Le vieil homme continue de suivre vos mouvements du regard. Son bras gauche tremble brusquement.
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Ça ressemble fort à l’arme du crime. C’est un élément dont on pourra se servir... plus tard.
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Ça ressemble fort à l’arme du crime. C’est un élément dont on pourra se servir pour obtenir des aveux... en temps voulu.
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« Des munitions chemisées de qualité militaire. Stable et adapté au tir à très longue distance... » Sa remarque s’adresse surtout au vieil homme.
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« J’aimerais qu’on reparle du colonel, M. Dros. Dans quelles circonstances est-ce que vous l’avez tué ? »
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Il hoche la tête : « De la musique qui te prend aux tripes. De la proletkult. La Révacholienne. Pas une ode à la misanthropie, comme le rock and roll. Un chant de soldat qui accompagne les blancs-et-noirs. »
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- « De la musique qui te prend aux tripes. La Révacholienne. Mais un sale chien de bourgeois mange-merde peut pas comprendre. C’est un chant de soldat qui accompagne les blancs-et-noirs. »
- Il hoche la tête : « De la musique qui te prend aux tripes. De la proletkult. La Révacholienne. Pas une ode à la misanthropie, comme le rock and roll. Un chant de soldat qui accompagne les blancs-et-noirs. »
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- « C’est quoi, la Révacholienne ? »
- « Je suis pas misanthrope. Je suis un flic à moitié mort qui fait son boulot. »
- « Compris. »
- « Je connais la Révacholienne. C’est un chant de marche de la Révolution mondiale. »
- « Je suis pas un chien de bourgeois mange-merde. Je suis un flic à moitié mort qui fait son taf. »
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« C’est l’hymne de la Révolution mondiale, dit-il sans baisser le regard. Il y en a trois. »
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« À Graad, ils chantaient "Enfant du courage, l’Histoire marche dans tes pas". Et à Hsin-Yao, c’était... » Il sollicite sa mémoire, mais abandonne : « Une connerie samarainne, quoi. »
L’hymne de Hsin-Yao s’appelait « Le garçon à la faucille et le soleil d’or. »
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« C’était sur... » Il observe le fusil dont vous vous êtes emparé, et secoue légèrement la tête.
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« Ça parlait de lapins à dégommer... Un truc dans ce goût-là. J’m’en souviens plus. Bah, peu importe. C’est fini, tout ça. »
Sa main s’agite dans tous les sens. Il aimerait pouvoir s’en souvenir. Il est parcouru d’un petit tremblement.
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Le chant dit : « Aujourd’hui, je chasse les lapins. Demain, ce sera au tour des fascistes. »